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mardi 14 octobre 2014

Souvenirs d'été

Cet été, avec Nicolas et nos copines Marina et Marie, nous sommes allés à Saint-Cézaire réaliser une petite session d'urbex, et Nico en a profité pour prendre pas mal de photos ! Cet endroit abandonné est un vrai paradis pour les amateurs de street art. On pense notamment à Franck Pellegrino, que Nico et moi apprécions tout particulièrement !

Plusieurs heures de balade dans d'anciennes chambres, d'anciens appartements... Je vous laisse découvrir les photos de cette après-midi magique !

Franck Pellegrino est passé par ici...



Nicolas & moi :)





Marie-Charlotte

vendredi 10 octobre 2014

Interlude musical #2

Bon ok, on a zappé quelques mois, mais on revient en force avec notre rentrée musicale à nous ! Promis, on se rattrape maintenant. Et on écoute toujours avec plaisir la musique que vous nous proposez !


Julia


LA ROUX, Uptight Down (2014)



Jil is lucky, Stand all night (2013)



Jan Blomqvist, Big Jet Plane (2012)



Nicolas


Shpongle, How The Jellyfish Jumped Up The Mountain (2013)



Mighty MouseThe Beast (2010)



Kölsch, Cassiopeia (2014)



Marie-Charlotte

Synapson, Djon Maya Maï (2014)



Panzer Flower, We Are Beautiful (2014)



Jan Blomqvist, Time Again (2014)

jeudi 10 juillet 2014

Les Jardins Suspendus


Le dimanche 22 juin, nous nous sommes rendus, avec Nico, aux Jardins Suspendus.

Les Jardins Suspendus est un club éphémère, situé sur la rooftop du nouveau centre commercial de Marseille: les Terrasses du Port. Certainement une des plus belles rooftop de cet été (et avec vu sur la mer, avantage considérable), nous devions nous y rendre absolument. N'ayant pas pu assister à l'ouverture à cause de mes examens, je me suis donc vite rattrapée. 


Photo de Nico


Les festivités commencent à 14h. Venez tôt! Les Transats sont chers et ce serait dommage de ne pas avoir de table pour poser votre bouteille de rosé. 
Nous pouvons dire que l'après-midi était parfaite. Détente entre amis au soleil, un petit verre à la main, de la bonne musique en fond... C'est ça, les vacances! Il ne manquait plus qu'un jeu de cartes pour compléter cette après-midi de fa niante.

Les organisateurs ont également eu la bonne idée d'organiser des live painting. Vous pourrez donc assister directement à la réalisation de quelques oeuvres. Et ce dimanche, c'est le talentueux Franck Pellegrino qui est invité! 


Photo de Nico: le rennais Tarek en pleine performance


Photo de Lio Mariotti 
Après une bonne après-midi de détente, on a bien qu'une envie, c'est de faire la fête! Vous pourrez donc vous lacher sans honte, pour danser jusqu'à minuit. De toute façon, vos trois verres de Ricard vous auront bien aidés.

Les Jardins Suspendus sont devenus un incontournable de cet été. Il n'est donc plus possible d'acheter un billet sur place. L'évènement est désormais accessible sur préventes uniquement. 


Photo de Nico


La Joliette, 
9 quai du Lazaret 
13002 Marseille



Julia


mardi 24 juin 2014

Quinzaine 2014 : Kuguya Hime No Monogatari (Le conte de la Princesse Kaguya)

Et pour clôturer mon festival, je me suis exilé à l'autre bout de Cannes, à la MJC Ranguin (Maison de la Jeunesse et de la Culture) qui diffuse aussi les films de la Quinzaine des Réalisateurs dans une toute petite salle de 160 sièges.

Avec mes amis fans de Ghibli, dont Irina que vous connaissez déjà accompagnée d'une de ses meilleures amies et Vinc' celui à qui la totalité de mon campus attribue l'invention de l'expression « chill ». Donc pour les incultes, ce mot trouve son origine dans l'univers musical avec l'esprit Chill Out et est très usité depuis quelques années. C'est plus « chill » que « c'est cool » ou l'atroce « c'est frais ».



Sinon Ghibli, c'est quoi ? Si je vous dis Mon Voisin Totoro, Le Château Dans le Ciel, La Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro, Le Château Ambulant... ça vous parle ? En fait les studios Ghibli, c'est l'équivalent Walt Disney pour les nippons mais en bien moins naïf. Après on aime ou pas les Manga, mais les histoires sont tellement époustouflantes que ces animes méritent d'être vus par tous. 


Bref il ne faut pas rester avec un apriori sur les Jap-animes, comme victime d'une guerre audiovisuelle lors de notre enfance. Quand le Club Dorothée mourru pour laisser place à TFOU et que le Roi Leo se transforma en Roi Lion. C'est donc pour ça que je suis aller voir avec plaisir Le Conte de la Princesse Kaguya, qui n'est d'ailleurs pas un Manga à proprement parlé.

En effet les dessins sont inspirés des techniques traditionnelles d'estampes japonaises ou Ukiyo-e (image du monde flottant), mêlés avec de l'aquarelle. Et là on remercie le talent Isaho Takahata (Le Tombeau des Lucioles). Il nous propose une adaptation du plus vieux et célèbre conte Japonais : “Kaguya Hime no Monogatari” datant du Xe siècle et peint sur de nombreux Emaki. Pour les japonais, ce conte, c'est un peu le Cendrillon de l'occidental moyen.


Une minuscule princesse est découverte dans une tige de bambou. Elle va être élevée par un vieux coupeur de bambou et sa femme jusqu'à ce qu'elle grandisse et soit appelée en ville. Comme toute princesse elle devra choisir un prétendant, mais sa beauté à un prix...

Alors si l'intrigue peut vous évoquer de prime abord l'histoire de Poucette d'Andersen ou je ne sais quel conte occidental, il n'en est rien. Ce n'est ni une fable, ni cette fameuse chose au programme de sixième : " Situation initiale, élément perturbateur, péripéties..."
Les contes japonais n'ont rien de commun avec ce dont on a l'habitude. On ne doit donc pas les apprécier de la même manière, c'est d'ailleurs tout ce qu'on découvre à travers ce film. Il n'y a pas de morale unique, mais des morales, des façons différentes de regarder la vie.


L'oeuvre traite de sujets aussi larges que l'enfance, l'adolescence, la femme, le père, le foyer, la campagne, la nature, la ville, la richesse, la pauvreté, l'environnement, la planète, l'amour, la luxure, la propriété, la réligion, la haine, la punition, le déterminisme, la destinée ou encore la vie et la mort. A mon sens cela est beaucoup plus ludique et éducatif pour un enfant que n'importe quel Disney.

Alors il est vrai que Takahata s'est accordé quelques libertés par rapport au récit original. Mais il s'agit là d'un véritable recueil onirique plein de réflexion et abordé avec la finesse de la pensée japonaise que l'occidental trouve habituellement trop complexe. Si complexe que jamais la science fiction ne se serait immiscé comme ici dans un conte du moyen-âge. Vous comprendrez en allant voir le film, sauf si vous connaissez bien Sailor Moon, ou encore si vous êtes fans de films de science-fiction des 80's.

Concernant la production, les studios Ghibli ont mis le paquet, certaines scènes sont troublantes de réalisme grâce à une habile gestion des plans créant une illusion de profondeur. S'ajoute une scène mémorable tant par la technique que l'émotion qu'elle suscite, lorsque la princesse s'évade dans un lugubre typhon de colère.


Alors si je ne vous ai pas convaincu et que je n'ai pas révélé assez d'intrigue pour vous pousser à aller le voir, sachez que le film est ponctué d'humour, de musiques et de chants dont “Inochi no Kioku” (mémoire de la vie), et je ne doute pas que beaucoup fredonneront rapidement les paroles.

En salle demain Mercredi 25 Juin 2014

jeudi 29 mai 2014

Festival de Cannes 2014 : Gui Lai (Coming Home)

Comme promis, la suite de mes aventures au Festival...

Après avoir vu Tu dors Nicole? J'ai donné rendez-vous à ma super amie Irina pour passer l'apéro sur le bateau de la Villa Schweppes. Avouez ça aurait fait un bon article pour le blog. Sauf qu'en fait il fallait se pointer à 14h pour prendre la navette. Et puis c'est pas comme si le net croulait déjà sous les posts relatifs à l'évènement qui se déroulait sur le plus grand voilier du monde. Haha ! Je suis sur que vous sentez malgré tout ma frustration...

A cela s'ajoute que l'on devait aller à 22h à un showcase privé #HPConnectedMusic au sein du prestigieux Majestic Barrière. J'avais gagné ça sur twitter, sauf que la petite starlette de Sam Smith qu'on entend un peu trop à la radio à mon goût a annulé sa venue, la veille, à la dernière minute. HP m'a consolé en me proposant d'autres dates pour d'autres artistes bien meilleurs dont j'ai hâte de vous parler ; affaire à suivre...

Par chance la soirée était loin d'être foutue. Déjà, il y avait la Limelight, je vous expliquerai plus tard le concept, pour les non Cannois. Mais le plus important est que la super méga Maman d'Irina a obtenu deux places pour la projection de Gui Lai de Zhang Yimou à 22h au Théâtre Lumière.


Bon sur le coup je dois avouer que lorsque j'ai vu que c'était un film chinois, et hors compétition, je me suis dis que ça risquait d'être violent. En effet quand on a été traumatisé par la Palme d'Or attribuée par Burton en 2010 à l'Oncle Boonmee d'Apichatpong Weerasethakul on se méfie des films orientaux au Festival. De plus, le résumé n'était pas rassurant :
“Lu Yanshi, prisonnier politique, est libéré à la fin de la Révolution Culturelle. Lorsqu’il rentre chez lui, il découvre que sa femme souffre d’amnésie. Elle ne le reconnait pas et chaque jour, elle attend le retour de son mari, sans comprendre qu’il est à ses cotés.”
Mais qui a dit qu'il fallait juger un livre à sa couverture? Nous nous sommes donc motivés car on ne loupe pour rien au monde un film au Théâtre Lumière, d'autant plus qu'on était à l'Orchestre, le meilleur placement.
On y va, habillés tels des stars, si bien qu'un photographe officiel, accrédité aux marches, nous a arrêté pour nous mitrailler on the red carpet. On se sentait fiers, ils ne font pas ça à tout le monde. Puis on part s'installer, sans résister à l'envie de faire quelques selfies tout de même.


Là on attend un peu, toujours le même jeu de critique qu'avec Margaux pour Saint Laurent et surprise c'est Sophie Marceau qui nous rejoint dans la salle. On s'est même dit : « cool ! »,  car une photo avec elle c'est toujours sympa et pas très dur à faire. Mais elle s'est assise, puis est aussitôt partie sans voir le film. C'était juste histoire de se montrer sur les marches. On a trouvé ça d'une incorrection ! Normal que depuis l'épisode du sein, elle ait besoin de photos neuves pour oublier, mais quand même... Pas grave, après c'est Adrien Brody, oscarisé pour Le Pianiste qui nous a rejoins 5 rangs devant nous, pas la même classe tout de suite ! 
Arrive enfin l'équipe du film. On ressentait beaucoup de stress sur leurs visages. Ils sont pas comme nous ces chinois célèbres, très éduqués, humbles ! Ils s'installent à notre grand bonheur 4 rangs devant nous.


Le film commence, tout de suite je vois que l'orchestre n'a rien à voir avec les corbeilles. L'écran parait encore plus vaste, le son surround est immersif comme jamais. (Mieux qu'au futuroscope...).
A la fin du film, une salve d'applaudissement, au moins aussi longue que pour Saint Laurent. Et c'est normal, nous avions assisté à un chef d'oeuvre, plein d'émotion et de vie. Mais aussi plein de vérités sur l'humain. Cela me rappelait un exemple de mes cours de neurosciences et le drame social que représentent certaines formes d'amnésie. Lorsque s'efface certains souvenirs, d'autres tel que la musique persiste miraculeusement...

Plus prosaïquement, on est immédiatement séduit par l'image et l'intensité lumineuse de ce film. Beaucoup de douceur dans les prises de vues, une ambiance mélangeant réalisme et nature morte dans une atmosphère rétro, symbole du style de vie Chinois cristallisé par le Parti. Le scénario est merveilleusement bien construit et pas lourd du tout, je n'ai pas vu le temps filer malgré la redondance des lieux à la manière d'une tragédie occidentale.

Enfin le jeu de Gong Li dans le rôle de Feng la femme de Lu est irréprochable, cette actrice parait pleurer naturellement, son visage transmet foule d'émotions. Elle passe du vide amnésique, à la colère ou à la tristesse d'une façon étonnante alors que ses joies sont larmoyantes. Et à l'évidence, je reste persuadé qu'il n'y avait aucun trucage. Pas étonnant que cette ex-épouse du réalisateur Zhang Yimou soit aussi sa muse dans bon nombres de ses films...

Enfin je ne sais pas si le film était hors compétition parce que cela relate une période de l'histoire encore tabou à Pékin, ou si c'est parce que Yimou a déjà eu plusieurs fois ses chances à Cannes, mais une chose est sure, c'est qu'il aurait pu très bien obtenir une distinction.

Sortie prévue le 10 décembre 2014.

Nicolas-F 

lundi 26 mai 2014

Quinzaine des Réalisateurs 2014 : Tu dors Nicole

Cet article est le premier d'une longue série de quatre articles portant sur la suite de mes aventures au Festival de Cannes. Bien que j'ai pris un peu de retard, je n'ai pas chômé pour autant, entre les études, la recherche d'un job d'été, et tous les évènements de fin d'année, c'est pas évident d'être à jour.

Tu dors Nicole est un film de Stéphane Lafleur, qui était présenté à la Quinzaine des Réalisateurs.


Il faut d'abord savoir que la Quinzaine est une section parallèle au Festival de Cannes, fondée au lendemain de mai 68 par la Société des Réalisateurs de Films (SRF). À caractère non compétitif, libre et indépendant, son but est de faire découvrir une autre vision du 7ème art. Dans l'esprit du cinéma d'auteur, on trouvera à la Quinzaine toutes sortes de films, animes, courts ou longs métrages produits par de jeunes talents reconnus. C'est aussi l'occasion de rappeler que les plus grands sont aussi passés par là, notamment Georges Lucas (Star Wars), Michael Haneke (Amour), Martin Scorsese (Taxi Driver) ou encore les Coppola père et fille.
Cette sélection est assez facile d'accès, bien loin du tapis rouge très VIP des marches, puisque le grand public est convié à cet évènement. Elle est partiellement sponsorisée par de nombreux partenaires, comme la ville de Cannes, la Région PACA et IdF, les Inrocks, France Télévisions, les associations de cinéphiles et j'en passe.

C'est d'ailleurs grâce au TER PACA, l'équivalent RER pour nous les provinciaux, que j'ai remporté une projection pour deux via leur newsletter ; il faut bien se tenir informé des jours de grève. Il suffisait simplement de répondre à un mail.

À partir de ce moment là, j'ai du choisir un film dans le programme, pas facile, surtout qu'il y'avait un film des studios Ghibli (mais ça je vous le réserve pour plus tard). C'est donc sur le film québécois en noir et blanc que mon choix s'est porté : Tu dors Nicole.

Voici ce que je pouvais lire sur le site officiel :

“Profitant de la maison familiale en l’absence de ses parents, Nicole passe paisiblement l'été de ses 22 ans en compagnie de sa meilleure amie Véronique. Alors que leurs vacances s’annoncent sans surprise, le frère aîné de Nicole débarque avec son groupe de musique pour enregistrer un album. Leur présence envahissante vient rapidement ébranler la relation entre les deux amies. L'été prend alors une autre tournure, marqué par la canicule, l'insomnie grandissante de Nicole et les avances insistantes d’un garçon de 10 ans. Tu dors Nicole observe avec humour le début de l’âge adulte et son lot de possibles”.

Etant donné que j'ai aussi 22 ans (plus pour très longtemps), ça cadre parfaitement avec ce que je pourrais vivre. Et c'est après une heure de queue devant le JW Marriott, un des palaces de la Croisette, que j'ai découvert ce film 100% Québec. Pas facile de tout comprendre, heureusement qu'il y'avait les sous-titres.

Ce film est léger mais plein de style, un peu à la manière d'Une Nuit à New York, Juno, C.R.A.Z.Y, Paranoïak... Autant de film que j'adore, traitant de thème assez simple de la vie d'«adulescents».

La bande originale est remarquable dans ce film. Très propre avec des sons psyché tout droit sorti d'un synthé des 80's me rappelant vaguement mon groupe favori MGMT. Le tout mêlé au rock percutant et martelant du frère de Nicole et ensemencé d'agiles musiques pop/rock. Bref c'est Canadien, ça se ressent, je suis fan... Le son était pour le réalisateur Stéphane Lafleur un des piliers centraux. En effet l'équipe du film était venue répondre aux questions dans la salle à la fin de la séance ce qui était très appréciable.

Concernant l'intrigue c'est plus compliqué, Nicole et Véronique semblent tellement s'ennuyer qu'on le ressent avec elles, par chance le film est parsemé d'humour et de bonne humeur. L'image est nickel et les prises de vues nous absorbent. Le noir et blanc ne nuit en rien à la qualité du film, bien au contraire, c'est esthétique, éthéré et reposant. Le réalisateur s'est justifié de ce choix par son goût pour la photo B&W (et il a bien raison) ainsi que par sa vision de la banlieue montréalaise.

Enfin, quant au cadre temporel, ne cherchez pas, l'auteur a délibérément masqué toute époque, si bien que même le vieux cellulaire d'un des personnages n'indique rien du tout.


En bref je vous conseille vivement ce film, un après-midi d'été où vous n'avez rien à faire avec votre chum, ça sera toujours mieux qu'un blockbuster abrutissant et ça vous évitera de vous endormir, c'est promis.

Date de sortie présumée : Automne 2014

A tantôt !

Nicolas-F



dimanche 18 mai 2014

Festival de Cannes 2014 : Saint Laurent


La montée des marches est l'évènement le plus prestigieux qu'il est donné de faire pendant le Festival de Cannes. Cette année, la ville de Cannes m'a permis d'assister à la projection officielle du film de Bertrand Bonello : Saint Laurent, en me tirant au sort parmi les résidents inscrits.


J'ai choisi pour assister à cette séance mon amie Margaux, qui n'a jamais eu l'occasion de fouler le tapis rouge et qui par sa famille est très liée à l'histoire de YSL. C'est donc sur notre 31, que nous nous sommes rendus à cet évènement fabuleux. Un soleil de plomb, pas un seul nuage (les journées du festival sont réputées pour être entrecoupées d'épisodes pluvieux...). La ville était bondée, on se fraye un chemin jusqu'à l'accès des marches. Mieux vaut arriver en avance, car par expérience, la place n'est pas garantie, priorité aux célébrités.

Quelques selfies sur le tapis rouge, puis on monte s'installer dans la salle.
Puis on observe sur l'écran géant du Grand Théâtre Lumière la montée des stars, on s'adonne alors à un jeu de critiques :
— Tu as vu, elle a une robe verte Léa Seydoux.
— Ça porte malheur au cinéma, non ?
— Oh! Eva Longoria, qu'est-ce qu'elle est belle, ça fait quelques années qu'on l'a pas vu ici.
— Par contre elle prend un peu trop son temps...
— Magnifique brushing et son maquillage est irréprochable à celle là, mais qui est-ce ?
— Ah ben en fait c'était pas une actrice, regarde elle vient s'installer à côté de nous.

Une fois tous les people confortablement installés, la séance commence avec le générique du festival sur l'emblématique Aquarium de Camille Saint-Saëns. Silence, ça commence, c'est parti pour 2h30 de film.



Je n'ai pas vu Yves Saint Laurent de Jalil Lespert, sorti quelques mois plus tôt. Je ne peux donc pas faire de comparaison et d'après ce que j'ai entendu dire il n'y a pas matière à s'adonner à cet exercice.
Je vais tenter de vous dépeindre brièvement mes impressions.

Nous sommes tout de suite immergés dans l'univers des années 60-70 peu après la création de la célèbre Robe Mondrian. Le décor est on ne peut mieux vintage, dans l'esprit pop-art avec cette volonté de renaissance post guerre bercée par la nostalgie du "plus jamais ça" qui avait échoué...
On est en pleine révolution culturelle, avec l'émergence des années Disco, Mai 68, la naissance de Chez Régine...

Saint Laurent va être un des acteurs majeurs de ces folles années, où la liberté prend le pas sur les bonnes moeurs d'un autre temps.  On verra notamment son choix d'émanciper la femme en modernisant sa garde robe, ainsi que sa boutique de prêt-à-porter : Saint Laurent Rive Gauche qui brise une fois de plus les codes.

D'autre part Bonello ne s'attarde pas trop sur la technique et le génie créatif, mais plutôt sur le profil psychologique du protagoniste. Par le jeu exceptionnel de Gaspard Ulliel, on oublie l'acteur pour se concentrer sur le jeune créateur perdu entre son intelligence, ses sentiments et ses démons. Le film est rythmé d'ellipses et de flashbacks, à la manière de Proust, où tout souvenir se manifeste dans l'instant présent. Du maroc à Paris, pendant que l'homme d'affaire Pierre Bergé (Jeremie Renier) semble se soucier plus de son portefeuilles et de son propre coeur, Yves s'amuse et s'évade. On le voit progressivement plonger dans l'alcool, la drogue et le libertinage. De cet épisode nait une histoire d'amour entre lui et l'amant morbide de Karl Lagerfeld : Jacques de Bascher (Louis Garrel). Il est fréquent d'aimer ceux qui nous détruisent...

Mais la beauté du film est cette association bien réelle entre drogues et intelligence, comme un outil pour s'abrutir et se mettre au niveau d'autrui. C'est le prétexte du génie pour expliquer son talent. Il s'agit d'une manière de se déshiniber, de lutter contre ses blocages et ses souffrances pour au final s'auto-détruire.

Par chance, il était bien entouré, entre son amie et mannequin Loulou De la Falaise (Léa Seydoux) et sa directrice de studio Anne-Marie Muñoz (Amira Casar), elles le comprennent et l'accompagnent quand Bergé l'abandonne et lui ajoute une pression. Malgré l'absence de long dialogue entre lui et ses fidèles amies on ressent cette proximité.

Le film se clôture entre passé (Il essaye), présent (YSL) et futur (Il est Seul) sublimé par son célèbre Ballets Russes...


On ne connaitra donc jamais la véritable histoire d'amour entre Yves et Bergé, mais une chose est sure, c'est que le film de Bonello est pour moi un défilé des réminiscences d'un génie créateur, un chef d'oeuvre.

En espérant qu'il obtienne une distinction, on se donne rendez-vous le 1er octobre 2014 pour sa sortie en salles.

Nicolas-F

samedi 3 mai 2014

Grunge : Mémoires du passé...

Salut chers lecteurs !


Que se passe-t-il lorsqu'un qu'un édifice est délaissé à l'abandon ? La plupart du temps, une lutte acharnée entre nature et squatteurs, entrecoupée de soirées sauvages et de visiteurs curieux. C'est l'esprit grunge qui envahit les lieux. Les tags embellissent l'oeuvre architecturale, les détritus racontent l'histoire d'une apocalypse, le béton se délabre, on se croirait au lendemain d'un bombardement de la seconde guerre mondiale...


Fréquents sont ces endroits qu'on imagine souvent bien loin du cadre idyllique d'une ville comme Cannes. C'est de ce paradoxe, où se mélange la splendeur de la côte d'azur au charme des ruines d'un ancien lieu touristique, que nait à coup sûr un sujet de reportage photographique unique.

C'est donc par la photo que j'ai choisi de vous livrer, ici, l'atmosphère ressentie en pénétrant dans la propriété de l'Emir d'Abu d'Abi laissée à l'abandon depuis la sortie d'In Utero .

Il s'agit de l'ancien Observatoire de Super-Cannes accessible depuis les années 30 par un funiculaire qu'empruntaient les bourgeois en villégiature pour, dit-on: voir la corse les jours de mistral. Alors que la voiture se démocratise, la ville cède cette attraction qui n'intéresse plus. Et finalement l'or noir ne fait pas le bonheur, le projet de palais du nouveau propriétaire est rejeté par la juridiction locale; le terrain se fait oublier; commence alors la revanche de l'anti-matérialisme...

Je vous invite à découvrir l'ensemble de mes prises de vues en écoutant Dumb. J'espère qu'elles vous feront voyager, mais n'imaginez tout de même pas qu'on vous incite à venir organiser une skins party non plus ;).

PS: Merci aux 3 explorateurs rencontrés sur les lieux sans qui je ne serais probablement jamais monté au sommet de cette tour. S'ils se manifestent, ils auront droit au choix à un tirage des photos ou un shooting gratuit.

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Nicolas-F